Robert Wyatt - Comicopéra (# Chroniques de disques) posté le vendredi 12 octobre 2007 10:35

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Robert Wyatt - Comicopéra (2007)

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C’est avec impatience que j’attendais le nouvel album de Robert Wyatt.

J’avais découvert l’homme petit à petit en approchant sa discographie tout doucement, avec la patience que sa musique nécessite pour que l’on s’y plonge pleinement.

Car sa musique a quelque chose de tellement personnel qu’il faut savoir persévérer pour en saisir toute la richesse. Mais le jeu en vaut la chandelle, car s’il est l’un des rares artistes ou groupes que je connais à paraître évoluer tout en se moquant des modes, il est aussi l’un des seuls à savoir créer des œuvres denses et phares où l’on retournera sans cesse.

Décrire son univers ne suffirait pas, et le meilleur moyen de l’approcher est encore de visiter sa page myspace (http://www.myspace.com/robertwyatt) où on peut le découvrir par trois magnifiques videos live pour la bbc. La richesse, la précision, l’humanité, l’humilité, l’intelligence de sa musique se dévoilent sur quelques images comme par magie.

Pour son nouvel album « Comicopera » Robert Wyatt montre à nouveau son talent, même si d’entrée nous pouvons d’entrée émettre quelques réserves sur le « countrysant » « A Beautiful Peace » et le bluesy « Be Serious », qui sont justes dispensables à la vue du reste.

« Comicopera », découpé en trois actes, trois parties, privilégie d’abord d’une production à mes yeux bien meilleure que son prédécesseur qui paraissait sans relief, dilué. Peut être cela a à voir aussi avec l’approche plus live des morceaux que voulait  adopter l’artiste…

En outre, l’album débute fort avec le très beau « Stay Turned » écrit par ailleurs par Anja Garbarek, avec laquelle il avait déjà collaboré pour son premier album. Et toute la première partie « act one : lost in noise » est très belle. A remarquer d’ailleurs le magnifique « A.W.O.L », émouvant et saisissant.

Ca se gâte en revanche sur le deuxième acte « the here and the now » un peu en dessous, plus léger ou au contraire plus radical (écouter l’étrange
 « Out Of The BLue » par exemple, tendu, noir, avec ses voix samplées). On y trouvera moins de perles, mais de l’audace, et c’est appréciable.

Le troisième acte « away with the fairies » est quant à lui entièrement interprété en espagnol, et se tourne vers une musique plus ambiante, tout en se permettant quelques digressions intéressantes : l’instrumental « Pastafari », et la formidable reprise de « Hasta Siempre Comandante » où l’on se rend compte du talent de Robert Wyatt : à savoir faire d’une chanson populaire, un morceau ample, complexe et riche en émotions.

Encore une grande aventure l’où l’on devra revenir sérieusement un paquet de fois pour devoir en faire le tour, même si aux premières écoutes l’album semble avoir quelques creux.

Mais Robert Wyatt reste l’un des plus grands artistes actuels. Irréprochable dans son approche, un peu comme son comparse Mark Hollis. Loin au dessus de tout ce qui fait, Robert Wyatt conserve son aura préférant tracer sa propre route, plutôt que chercher là où il n’est pas.

Myspace : http://www.myspace.com/robertwyatt

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